Gisèle Celan-Lestrange
Sur le Grand Chemin
La librairie galerie Métamorphoses consacrera en février une exposition rétrospective ainsi qu’une monographie à l’œuvre de Gisèle Celan-Lestrange, qu’artiste subtile et exigeante, elle voulait, de sa langue à elle (indissociable de celle de Paul Celan, immense poète qui fut son mari), forte et significative.
Entre les premières gravures des années 1950 aux derniers dessins des années 1990, Gisèle Celan-Lestrange explorera, par phases, diverses techniques — gouache, aquarelle, tempera, pastel — où elle se révèle une merveilleuse et délicate coloriste. Si l’abstraction l’influence dans sa première période, la figuration n’est jamais bien loin : elle est élémentaire, structurelle, moléculaire : bâtonnets, osselets, brindilles ; puis retrouve sa majesté à partir des années 1970 : paysages de lacs et de montagnes, maisons accrochées aux falaises, troncs et branches, larges fleurs indécidablement nuageuses ou liquides ; avant de s’épurer : champs de pierres, étendues vides ou peuplées de silhouettes évoquant à la fois la foule et l’absence, colonies de fantômes ; jusqu’aux derniers dessins, où la main est curieusement plus légère, le geste plus ample et le dessin plus évanescent, jusqu’au blanc.
Elle avait d’abord supprimé la particule de son nom, avant d’y joindre celui de Celan (né de la seule poésie) – pour que « Celan-Lestrange » ne désigne plus que la seule véritable noblesse, qui est celle de l’esprit ; mais d’un esprit à l’œuvre qui, à la fois inquiet et sûr, s’éprouve infatigablement dans la voie qu’il s’ouvre. C’est sur ce « Grand Chemin », évoqué dans une lettre de Paul à Gisèle (7 mars 1966), que le titre choisi pour cette exposition situe d’emblée l’œuvre de Gisèle Celan-Lestrange.
Voir le dossier de présentation

Le livre de l’exposition : parution mi-janvier
Texte de Bertrand Badiou
Paris, Librairie Métamorphoses, 2026
Couverture cartonnée illustrée en couleurs,
208 pages, 29 x 22 cm
Tirage :
400 exemplaires sur Munken Print White 18 et Munken Lynx (115 g et 170 g) ;
50 €
22 exemplaires numérotés, dont 2 hors commerce, comportant une eau-forte originale inédite de Gisèle Celan-Lestrange réalisée en 1983 pour « Les Cahiers de l’espace » : Sans titre, premier état, 20,5 x 15,5 cm ; 28,5 x 21,8 cm (feuille) ; Bruckinger G215 pour l’état définitif.
450 €
Illustration de gauche :
Sommerbericht 1, 1984, plume et encre de Chine noire, 55 × 40 cm.