Roland Sig. Images pilleuses

EXPOSITION & MONOGRAPHIE

 

Roland Sig (1927-1985), collagiste virtuose et poète-calligraphe qui, en quarante ans, a construit une œuvre à multiples facettes et presque entièrement souterraine – sorte de terra incognita sur la carte de la planète surréaliste – fait l’objet d’une grande exposition co-organisée par les librairies Métamorphoses, J.-F. Fourcade et Solstices. Ouverte depuis le 9 avril, prévue jusqu’au 30 mai, celle-ci se prolongera jusqu’au 6 juin.

 

Surréaliste passé sous les radars, Roland Sig, né dans une famille très modeste en 1927, a, parallèlement à son activité d’assureur, créé pendant quarante ans une œuvre considérable, dans l’amitié d’André Breton et de nombreux membres de son groupe. Artisan essentiel de la réalisation du célèbre A l’animal noir, de Guy Cabanel et Robert Lagarde, un livre que Breton considérait comme « la lampe noire de (ses) nuits », Sig, utilisant un temps le pseudonyme de Robert Siril et d’abord influencé par ceux de Max Ernst, a réalisé des centaines de collages, conçus, comme le fait observer Pierre Dourthe, comme « reproduction(s) des ‘images du rêve et du hasard’ », dont certains, dans l’esprit de Bellmer ou de Molinier, très scabreux voire quasi-pornographiques, regroupés en séries aux noms poétiques ou évocateurs, les Ernstitudes, d’abord, en hommage au maître qu’il se reconnaissait, puis, après qu’il s’en est émancipé, les Colorocollages, les Transapparences, les Images pilleuses, les Déchiffrures et même un Mutus Liber en odeur d’alchimie…

[Patrick Lepetit, extrait du Bulletin Mélusine du 1er juin 2026]

 

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