Du 25 avril au 15 juin chez Métamorphoses :

Diane de Bournazel

 

Une première grande exposition de l’artiste qui rassemblera des livres uniques, peintures et dessins inédits. En collaboration avec Justin Croft et Didier Derœux (Solstices).

L’œuvre de Diane de Bournazel puise à la source même de la symbolique des images. Peintures rupestres, scènes bibliques, manuscrits à peintures, bestiaire médiéval, imagerie populaire irriguent son travail au style profus. Encre, aquarelle, ajours, collages emplissent les pages suivant un projet médité. C’est à une déambulation dans la poésie sans mots de son paysage mental qu’invite Diane de Bournazel.

Un ouvrage monographique reproduisant les œuvres présentées, enrichi de textes de Michel Pastoureau et de Justin Croft, sera publié à cette occasion.

 

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DES LIVRES COMME DES TABLEAUX

Le livre occupe une place à part dans le travail de Diane de Bournazel. Unique, il a, sous ses airs de retable, de prédelle ou de polyptyque, valeur de tableau. De tableau mobile : organique, végétal, il s’anime grâce au travail en volume ; et s’anime encore entre les mains du regardeur qui, entre feuilletage et rotations, expérimente de nouvelles formes de lecture, faites d’entrelacs, de labyrinthes, de jeux de miroirs, d’effets gigogne et de mises en abîme. Les livres de Diane de Bournazel sont des folies architecturales sensibles et ingénieuses qui appellent à une vision globale. S’y révèle un univers mystérieux et onirique, peuplé d’êtres, d’animaux et de créatures hybrides, personnages à plumes ou à poils, à longues oreilles ou portant bois : bestiaire merveilleux, fourmillant sous les frondaisons, parmi les dentelles et les dentelures du papier, au long de pages dont les décors ont la densité d’une forêt.

 

DE GRANDS DESSINS COMME LES PAGES ÉCHAPPÉES D’UN LIVRE

Sur de grandes feuilles de papier ou du carton, telles des extrapolations de ses livres, les Plérômes dessinent les contours d’un monde idéal, dans une merveilleuse hybridation entre l’intérieur et l’extérieur. Les pages s’ouvrent et se ferment sur des mondes où compartiments et bordures font moins office de barrières que de seuils. Entrer chez Diane de Bournazel, c’est pénétrer dans un lieu de transformation et de fusion. Un lieu où s’entrevoit l’invisible, un lieu pour remédier à l’impossible. Ici s’accordent les contraires : le rêve s’éveille dans le réel, sacré et profane se livrent ensemble à quelque célébration, un squelette nous tire son chapeau… Les Plérômes exaltent l’idée de plénitude. Spatialement, bien sûr, mais aussi sur un plan plus métaphysique. Ils ouvrent la voie vers une possible transcendance, sans laquelle ne peuvent s’accomplir les métamorphoses menant à l’éveil et la connaissance de soi et du monde. N’est-ce pas à cette harmonie de l’être au monde que nous sommes conduits, à travers arabesques et rinceaux, motifs floraux et serpentiformes, tous liés entre eux par une multitude d’attaches et de jointures ?

 

PEINDRE AU NOIR

Si les Plérômes procèdent par addition, par l’accumulation des dessins, de la peinture, des collages et des superpositions, les Palimpsestes, seules peintures présentées dans cette exposition, procèdent au contraire par soustraction. Le noir appliqué sur des planches d’atelier recyclées dessine, en réserve, parmi une faune et flore abondantes, un bal de personnages éclaboussés de touches lumineuses, blanc pur, jaune d’or, vert vif, bleu électrique, vermillon : une chatoyante tapisserie, étourdissante de mouvements et de jeux d’équilibre, une vaste fantasmagorie animée par quelque musique secrète. Les Palimpsestes réécrivent au noir sur l’épaisseur du temps, révélé par couches successives et transparences.

 

BIOGRAPHIE

Diane de Bournazel dessine et peint depuis toujours. Née à Paris en 1956, elle grandit à Toulouse, tout en séjournant régulièrement en Corrèze et dans la capitale. À 13 ans, elle passe l’année dans une pension anglaise où elle suit avec avidité les cours de peinture et de modelage dispensés par une nonne atypique. À 18 ans, elle souhaite perfectionner son dessin selon la grande tradition : elle part en Italie où elle prend des cours du soir pendant un an. L’année qui suit, de retour en France, elle décide de se consacrer à l’art. Son bagage comprend encore : six mois aux beaux-arts de Toulouse et deux ou trois ans en histoire de l’art à la fac (plus un détour éclair par le droit). Elle peint des décors de théâtre, des trompe-l’œil, restaure des tableaux. Elle dessine des portraits grand format d’après photographie et commence à exposer son travail. 1986 : elle s’installe en Corrèze. Influencé par celui de Paul Klee et de Nicolas de Staël, son travail s’oriente vers des compositions abstraites. 1990 : elle emménage à Paris. La contrainte de l’espace l’amène à changer radicalement son style : elle passe de la toile au carnet, de l’huile à l’aquarelle, du pinceau à la plume. Avec ses carnets peints, le figuratif refait son apparition. 1995 : elle s’installe en Corrèze pour de bon. Elle travaille comme illustratrice, en collaboration avec des auteurs et des éditeurs, s’initie à la gravure et découvre les livres à systèmes. Ses livres uniques sont exposés Galerie Vivienne, à Paris.

Si Diane de Bournazel explore volontiers la peinture (sur toile, bois, ardoise ou sous verre), la gravure, la sculpture, la tapisserie, si elle fait des escapades du côté des arts décoratifs et s’amuse à concevoir des jeux uniques, le livre est peu à peu devenu son support d’expression de prédilection. Elle en maîtrise la confection de la première à la dernière étape. Sur du papier chiffon fabriqué artisanalement par Jean-Pierre Gouy, elle dessine au Rotring ou à la plume, utilise l’aquarelle, l’encre, la caséine et découpe au scalpel. Un précieux cahier, à la fois journal intime et laboratoire, sert de réservoir à son inspiration.

 

Depuis les années 1990, Diane de Bournazel a réalisé de nombreux livres uniques ou imprimés à petit nombre. Ils ont notamment été exposés à Paris, Marseille, Bruxelles, Londres et lors de plusieurs salons internationaux du livre rare chez Justin Croft. Ils ont fait leur entrée dans de nombreuses collections privées et publiques en France (Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque Forney à Paris, Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, Bibliothèques municipales de Nice et de Toulouse, Médiathèque de Tulle), ainsi qu’en Angleterre (université de Leeds), en Écosse (université d’Édimbourg) et aux États-Unis (Athenaeum de Boston, Center for the Book de San Francisco).